Une peine de quatre mois de prison avec sursis et une amende de 1.000 euros ont été requises aujourd'hui contre Pierre Azelvandre, ce biologiste anti-OGM qui avait détruit début septembre 70 plants de vigne transgénique à l'INRA de Colmar.
Le tribunal correctionnel de Colmar a mis son jugement en délibéré au 27 octobre.
Cet Alsacien de 46 ans, qui a passé ses dix dernières années à introduire des centaines de saisines et procédures contre des expérimentations OGM, répondait de «destructions de biens destinés à l'utilité publique». Ce délit est passible d'une peine de trois ans et demi de prison et 45.000 euros d'amende.
Il s'en était pris le 7 septembre, «au nom de la protection de l'environnement», à une parcelle de vigne de 30 m2 dans l'enceinte de l'unité colmarienne de l'Institut national de recherche agronomique (INRA).
Après avoir enjambé deux grillages, il avait cisaillé les plants porteurs de greffes avec un sécateur, puis s'était spontanément présenté à la police le lendemain.
«Oui, j'ai commis les déprédations», a-t-il confirmé alors que le président du tribunal le contraignait à maintes reprises de quitter son discours militant pour en venir aux faits.
Très volubile et aucunement contrit, le prévenu a répété à la barre, où il s'est présenté en short et sandalettes, qu'il avait voulu par son acte «provoquer un débat public sur les OGM» face au «silence» qu'il reproche à l'INRA sur son expérimentation menée depuis 2005.
Le président de l'INRA de Colmar Jean Masson a affirmé que les modalités de l'essai avaient fait l'objet d'un «large consensus». Il a évoqué un «dialogue continu avec des associations, la Confédération paysanne et l'Interprofession des vins. Ils étaient informés régulièrement», a-t-il indiqué, de l'avancement de cet essai destiné à lutter contre le court-noué, une maladie virale qui provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture.
La ministre de la Recherche Valérie Pécresse avait condamné le sabotage de l'expérimentation, que le sénateur du Haut-Rhin Jacques Muller (Verts) avait qualifié de «gâchis humain incommensurable».
Cependant, le tribunal administratif de Strasbourg a estimé fin septembre que la parcelle de vigne transgénique concernée était «illégale» car l'autorisation ministérielle n'était pas rédigée conformément aux exigences fixées par une directive européenne.
L'avocate de l'INRA a indiqué à l'audience d'aujourd'hui qu'un appel avait été interjeté contre la décision du tribunal administratif de Strasbourg.
Journal :
http://www.france3.fr/STATIC/video/index-fr.php?titre=4%20mois%20avec%20sursis%20requis&url=mms://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/sgv/diff/videotheque/regions/alsace/info/videos/video/69F2F_proces.wmv§ion=regions_alsace&rubrique=video
Pierre Azelvandre agite le chiffon rouge
Le militant anti OGM revendique un premier arrachage de plants de vigne il y a quatre ans.
Rebondissement dans l’affaire des vignes transgéniques de l’Inra de Colmar (Institut national de la recherche agronomique) : Pierre Azelvandre, militant OGM, a organisé, hier, une conférence
de presse pour passer, si l’on peut dire, aux aveux. Rappelons qu’il a été sanctionné le 19 novembre pour avoir détruit quelque 70 plants faisant partie d’un programme de recherche sur la
maladie du court-noué. Le tribunal de grande instance avait rendu une décision mi-figue mi-raisin en condamnant le prévenu à 2000 € d’amende et à verser un euro symbolique à la victime. Lui
n’a pas fait appel, mais l’Inra si puisqu’elle espérait obtenir un dédommagement plus important, à savoir 17 000 €.
Durant le procès, Pierre Azelvandre avait indiqué qu’à sa connaissance, les plants avaient déjà été arrachés une première fois, dès le début du programme en 2005. « C’est Christophe Hartmann,
de la Confédération paysanne, qui m’en a parlé », avait-il déclaré. Au sortir de l’audience, Jean Masson, directeur de l’Inra, affirmait que non, pas du tout, les plants n’avaient pas été
détruits, mais qu’ils n’avaient pas résisté à l’hiver et qu’effectivement, ils avaient dû être replantés.
« Discréditer l’Inra »
Hier, Pierre Azelvandre a affirmé être l’auteur de cet arrachage de 2005, le 4 septembre très exactement, vers 5 h du matin. « Il n’y avait aucune surveillance, aucun grillage, je suis entré.
Je suis tombé sur un concierge qui m’a vu. Je suis reparti pour revenir une heure plus tard et j’ai arraché les plants. J’ai laissé les plants comme ça, hors terre, mais cela ne se voyait pas
forcément puisque les vignes étaient dans des manchons. Je suppose qu’ils ne s’en sont rendu compte que quelques semaines plus tard. Ils ne pouvaient pas reconnaître que la parcelle avait été
visitée, cela aurait été avouer leur incompétence à surveiller l’essai, cela les aurait aussi obligés à refaire une demande pour les nouveaux plants ».
Pourquoi ne pas l’avoir dit durant le procès ? « Mon avocate y était opposée ». Pourquoi le dire maintenant ? Pour « discréditer l’Inra qui a toujours communiqué sur la transparence de
l’opération » et qui aurait donc menti à la presse bien sûr, mais aussi aux associations soi-disant partie prenante de l’essai. Pour dire aussi que l’expérimentation s’est faite ensuite sur
des plants « sans existence légale », faute de seconde autorisation.
Coup de bluff ?
Pierre Azelvandre n’apporte pas de preuve de son premier acte, même s’il assure pouvoir le faire. Pour le second, il a pris ses précautions en emportant quelques morceaux qu’il est allé
immédiatement montrer aux médias et à la police. Il semble qu’il ait eu peur que son acte passe une seconde fois sous silence. « Je pensais être pris en flagrance, que les projecteurs
allaient s’allumer pendant que j’arrachais les plants, que les vidéos allaient me filmer. Mais j’ai eu beau bouger, rien ne se passait ! ».
Annick Woehl

Aujourd'hui, 15 août 2010, 70 Faucheurs se sont
volontairement enfermés à l'intérieur du site de
l'INRA de Colmar pour neutraliser l'essai de vigne
génétiquement modifié.
Nous avons fauché cet essai de vignes GM parce que
les champs d'expérimentation d'OGM sont le premier pas d'une démarche commerciale visant à imposer,
avec l'aval de la Commission européenne, des cultures actuellement non autorisées, et surtout non plébiscitées ni par la population ni par les professionnels.
cet essai est inutile et inabouti : les fleurs ayant été supprimées, cette étude ne peut statuer sur le possible
passage d'éléments du transgène dans le fruit ou le vin.
En conséquence, nous demandons que les fonds publics
financent des recherches sur les alternatives de
lutte contre le court-noué plutôt que sur des OGM
dont on sait qu'ils généreront non seulement une
dépendance des agriculteurs, vignerons, et
travailleurs de la terre au brevetage sur le vivant,
mais aussi des gains phénoménaux pour le secteur
privé représenté ici par l'industrie agrochimique.
Enfin, cette démarche est en totale contradiction
avec la mission d'intérêt général et publique de
l'INRA, et va à l'encontre de l'opinion publique qui
refuse toujours à 80 %les OGM dans les champs et les
assiettes.
Le Collectif des Faucheurs Volontaires
Contact Presse : 06.61.74.98.61
Petition de soutien DE L’ACTION DES FAUCHEURS VOLONTAIRES POUR UNE VITICULTURE SANS OGM
SOUTIEN DE L’ACTION DES FAUCHEURS VOLONTAIRES
POUR UNE VITICULTURE SANS OGM
Aujourd'hui, 15 août 2010, une vigne génétiquement modifiée résistante au court noué
a été neutralisée par les Faucheurs Volontaires à l'INRA de Colmar. Cette même parcelle avait déjà été coupée par Pierre Azelvandre le 7 septembre 2009. Quelques jours auparavant, le tribunal administratif de Strasbourg avait annulé l'autorisation de cet essai – déjà en
place depuis 5 ans estimant que celle-ci, délivrée par le ministère de l'agriculture, était illégale. L'INRA a fait appel de cette décision. Le procès de Pierre Azelvandre pour destruction
de biens destinés à l'utilité publique s'est tenu le 7 octobre 2009 et a abouti à une condamnation à une amende de 2000 euros.
SIGNEZ ICI: http://lapetition.be/en-ligne/petition-7980.html
Lundi 16 août 2010 Les faucheurs de vigne transgénique devraient "être condamnés à rembourser" (AFP)
Les faucheurs de vigne transgénique devraient "être condamnés à
rembourser l'intégralité du préjudice qu'ils ont commis", a déclaré
lundi sur France Inter la ministre de la Recherche Valérie Pécresse
après l'arrachage, dimanche matin, de 70 pieds de vigne transgénique à
Colmar.
Pour l'Institut de Recherche agronomique (Inra), "qui a investi des mois
et des années d'efforts dans cette recherche qui est indispensable", car
on travaille sur une maladie incurable de la vigne, ça a "un coût très
important", a-t-elle ajouté.
"C'est à cette aune-là que les faucheurs devraient être condamnés", on
doit leur faire payer "l'intégralité des salaires des chercheurs, de
l'énergie des chercheurs, voire même la pénalisation de cet espoir que
ça représentait, en matière de culture de la vigne, pour tous nos
viticulteurs", a poursuivi la ministre lors de l'émission Inter treize.
Dans un communiqué commun diffusé dimanche, les ministres de l'Ecologie,
de la Recherche et de l'Agriculture avaient "condamné fermement" la
destruction volontaire de pieds de vigne transgénique dans la nuit de
samedi à dimanche à l'unité de Colmar de l'Inra par une soixantaine de
faucheurs.
Les ministres "sont choqués de cet acte de dégradation scandaleux contre
un essai exemplaire qui a su associer (...) scientifiques, organisations
professionnelles agricoles, collectivités locales et ONG
environnementales", écrivent les services de Jean-Louis Borloo, Valérie
Pécresse et Bruno Le Maire.
A lire aussi:L'ASACE.fr
(Actualisé à 17h39).- La soixantaine de membres du collectif des Faucheurs volontaires d’OGM (Organisme génétique modifié) venus des quatre coins de la France a été entendue dans la matinée au commissariat de police. Vers 5 h du matin, ils ont rallié le biopôle de Colmar où se situe l’unité de recherche de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). À l’aide de pinces, ils ont d’abord sectionné un premier grillage, celui situé à l’arrière de l’établissement pour accéder au laboratoire à ciel ouvert, entouré de grillages hauts de 2 m et dotés de barbelés.
À coup de bêches et de sécateurs
Ils ont utilisé des bêches et des pelles pour déterrer les 70 plants de vignes transgéniques avant de les découper en mille morceaux. Ils ont ensuite appelé les médias pour revendiquer leur action. Le système de sécurité — détecteur de mouvements, caméras de vidéo-surveillance — a fonctionné ; le commissariat a été avisé par l’Inra de cette intrusion matinale vers 5 h 30. Une trentaine de policiers et 15 gendarmes se sont rendus sur place. Les faucheurs les attendaient, à visage découvert, dans le calme. Ils sont montés sans problème dans un bus réquisitionné par la police pour rejoindre le commissariat où ils ont été entendus, puis relâchés au compte goutte avant 12 h. Plusieurs agriculteurs alsaciens, membres de la Confédération paysanne, ont apporté leur soutien aux faucheurs, en improvisant un pique-nique derrière le commissariat. Sur place, dans l’enceinte de l’Inra, les polices judiciaire et scientifique de Mulhouse et Strasbourg ont effectué les premiers prélèvements.
« Ce sont des malades »
Le président de l’Inra, Jean Masson, au bord des larmes et rouge de colère ne cache pas son écœurement. « C’est gravissime. Ce sont des malades. C’est sept ans de travail qui ont été foutus en l’air. Ces gens-là détruisent l’ouverture d’esprit, la démocratie scientifique et la recherche libre. Ils servent l’obscurantisme ». Selon Olivier Lemaire, responsable scientifique de l’essai, parle, lui, de « vandalisme absolu. C’est un troupeau de sangliers qui est passé par là. Ils ont détruit le système racinaire », ce qui empêchera, a priori, une réutilisation des porte-greffes transgéniques. « Je ne sais pas ce qui est récupérable », poursuit Jean Masson. « Ils ont tout labouré. Je ne peux pas imaginer tout arrêter. Ce serait donner raison à des obscurantistes violents ».
« Ce n’est pas une destruction »
Du côté des faucheurs, on parle plutôt de « neutralisation » des plants transgéniques. « Ce n’est pas un saccage », veut préciser Olivier Florent, membre du collectif et originaire du Vaucluse. « Nous pensons qu’il fallait les neutraliser ». Le seul viticulteur alsacien, Pierre Frick, qui a participé au saccage, ne dit pas autre chose. « Il ne s’agit pas d’une destruction mais de la préservation de mon outil de travail. C’est pour dire : ‘’non, on ne veut pas de ça ici ‘’».
Pour les cinq chercheurs de l’Inra qui suivaient le programme colmarien, le cauchemar continue. En septembre 2009, le militant Pierre Azelvandre s’était introduit dans l’enceinte du laboratoire pour sectionner les 70 plants. Il avait été condamné deux mois plus tard à 2000€ d’amendes et à un euro symbolique de dommages et intérêt. L’Inra avait fait appel, considérant le jugement trop clément. Cette fois-ci, il n’a pas participé à l’action des faucheurs volontaires.
Septembre 2009-août 2010
Le site colmarien avait obtenu au printemps l’autorisation de reprendre les essais qui visent à mieux connaître le système immunitaire de la vigne, en particulier, lorsque celle-ci fait l’objet d’attaques virales. Les opposants aux essais les jugent inutiles et dangereux ; ils considèrent notamment que le virus du court-noué ne constitue pas une grande préoccupation pour les viticulteurs. Les essais réalisés à Colmar sont les seuls de ce type en France. Ils ont permis de mettre sur pied des programmes de recherches « innovants » (en partenariat avec d’autres centres de recherche français) et un système de concertation et de « co-construction » des programmes unique avec des représentants de la société civile.
La relance du programme d’essais devait faire l’objet d’une visite ministérielle. Jean Masson et son équipe devaient en effet accueillir Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Bruno Lemaire, ministre de l’Agriculture à la fin du mois d’août.
Les faucheurs entendus
64 personnes ont été entendues par la police. Au cours de leur audition, ils ont tous tenus invariablement les mêmes propos : « Rien à déclarer ». Selon la police, ils n’ont pas même
expliqué leur geste. La police parle d’un préjudice de 1 million d’euros ; les premières études menées par l’Inra à Colmar remontent à 7 ans.
A cette somme, il faut également ajouter 16 000€ ce qui correspond à la relance des essais après le feu vert donné en mai par le ministre de l’Agriculture, Bruno Lemaire.
Philippe Vannier, procureur adjoint, nous a indiqué que l’enquête de flagrance se poursuit avant la transmission du dossier au parquet. Les 64 faucheurs seront cités à comparaître
individuellement.
Jean Daniel Kientz
ENCADRE : le gouvernement condamne la destruction de vigne transgénique
Les ministres de l'Ecologie, de la Recherche et de l'Agriculture ont «condamné fermement» la destruction volontaire de pieds de vigne transgénique dans la nuit de samedi à dimanche à l'unité de Colmar de l'Institut de Recherche agronomique (Inra). Les ministres «sont choqués de cet acte de dégradation scandaleux contre un essai exemplaire qui a su associer (...) scientifiques, organisations professionnelles agricoles, collectivités locales et ONG environnementales», écrivent dans un communiqué commun les services de Jean-Louis Borloo, Valérie Pécresse et Bruno Le Maire. Selon les gendarmes, une soixantaine de faucheurs venus de toute la France ont saccagé tôt dimanche matin 70 pieds de vigne transgénique dans un champ de l'unité de Colmar de l'Inra, dont le président a porté plainte. Les ministres affirment que «ces recherches, menées dans la plus grande transparence, ne représentaient aucun risque, ni pour la sécurité sanitaire, ni environnementale».«Des conditions strictes ont été prévues pour éviter tout risque de dissémination des transgènes», soulignent-ils, en rappelant que cette expérimentation devait notamment recueillir des données scientifiques sur le court-noué, maladie virale touchant la vigne et pour laquelle «il n'existe à ce jour aucun traitement». Selon eux, «la recherche en biotechnologies est indispensable à l'avenir de l'agriculture». Les scientifiques, disent-ils, doivent «pouvoir effectuer leurs travaux en toute sérénité, tout particulièrement lorsque les modalités de l'essai OGM ont fait l'objet d'un large consensus».
A LIRE
Le gouvernement condamne la destruction de vigne transgénique - La FNSEA dénonce cette action - La CFDT condamne la destruction de vigne transgénique
Arrachage de vignes OGM: le soutien des Verts Alsace
Dans un communiqué diffusé cet après-midi, les Verts Alsace, par la plume de Jacques Fernique, apportent leur soutien aux arracheurs de vignes transgéniques à Colmar, invoquant un "coup d'arrêt donné à l'essai OGM vignes de Colmar pour sortir enfin de l'impasse de la manipulation génétique".
Pour eux, cette action "s'inscrit dans le combat mené depuis de longues années contre le développement de la manipulation génétique dans l'agriculture" et elle est légitimée par "des considérations stratégiques essentielles".
"L'agriculture se trouve aujourd'hui confrontée à un choix stratégique fondamental : continuer dans l'impasse productiviste en accroissant sa dépendance à l'égard des firmes multinationales de l'agrochimie et de la génétique, ou bien s'appuyer sur le développement des mécanismes naturels biologiques aujourd'hui mal connus au plan scientifique et qui nécessitent un effort absolument prioritaire en termes de recherche publique", écrivent les Verts, qui soulignent que "la société refuse très largement, à juste titre, le développement des cultures génétiquement manipulées".
Cette opération constitue donc, selon les écologistes alsaciens, "une réponse forte à la relance d'un essai OGM qui vise essentiellement à cautionner les expérimentations à ciel ouvert".
D'ailleurs, rappellent-ils, deux ministres devaient être présents lors d'une inauguration "en grande pompe" le 16 septembre. Les Verts concluent en faisant observer que selon eux "cette action spectaculaire ne relève pas de la délinquance mais de la désobéissance civile. Il s'agit en l'occurrence d'une action collective, publique, pleinement assumée par les "faucheurs volontaires", qui vise à défendre l'intérêt général face au lobby de l'industrie des OGM dont la pression à tous les niveaux sur les instances de décision est constante."
Source: http://www.dna.fr/fr/fil-info/info/3628736-Arrachage-de-vignes-OGM-le-soutien-des-Verts-Alsace
COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Montredon, le 16 août 2010
Les Faucheurs Volontaires d'OGM ont mené une action citoyenne de neutralisation de l'essai de vigne OGM réimplanté en Juin 2010 dans la station de l'INRA de Colmar.
Ils ont voulu ainsi répondre à la surdité gouvernementale qui n'a voulu entendre ni les nombreuses critiques des professionnels de la vigne et du vin ni celles de la société civile qui considèrent inutile la poursuite obstinée de cet essai depuis la première implantation de 2005 jusqu'à la première neutralisation de septembre 2009 et malgré son interdiction par le tribunal administratif de Strasbourg en 2009.
José Bové, Vice-Président de la Commission Agriculture et Développement rural du Parlement européen, rappelle deux éléments importants de son point de vue : « Au cours du séminaire de l'Agence Nationale de la Recherche de novembre 2008 sur le programme OGM, il avait été mis en évidence au cours d'une communication que l'essai n'obtenait pas les objectifs visés d'éradication du « court-noué : passage du transgène du porte-greffe au greffon non transgénique; contamination des plants de références non OGM. Pour moi, ces données auraient dû suffire à arrêter purement et simplement cet essai. Par ailleurs, l' INRA de Colmar, au cours de la même réunion, reconnaissait la nécessité de travailler plus intensément sur les méthodes alternatives naturelles pour lutter contre cette maladie de la vigne. L'Institut et le Gouvernement ont pourtant persisté. Aussi ne faut-il pas s'étonner de cette action de désobéissance civique à Colmar aujourd'hui que je soutiens. »
José Bové ajoute « Le virus du court-noué est un problème agronomique, sanitaire et de conduite des cultures (absence de rotation) qui peut trouver des solutions innovantes par une recherche participative dont les paysans ont besoin.
Elle doit être orientée vers des alternatives multiples dont les pistes existantes doivent être approfondies, alternatives issues des savoir-faire paysans et de leurs capacités d'organisation en lien avec la recherche et non uniquement de stratégies d'acceptation des biotechnologies OGM par un comité de suivi critiquable et critiqué comme à Colmar.
Plutôt que de le consacrer à la poursuite d'une voie de recherche dans l'impasse, l’argent public serait très certainement beaucoup mieux utilisé pour faire avancer des solutions respectueuses de l'environnement, de la biodiversité et du travail au sein de la filière viticole en particulier en agriculture biologique.»
|
José Bové –
Député européen Michel Dupont – Assistant Parlementaire www.jose-bove.eu |
Communiqué de Presse de la Confédération
Paysanne
Arrachage d'un essai de vignes OGM : la fin d'une mise en scène publicitaire ?
La Confédération Paysanne rappelle son opposition aux essais OGM en plein champ et demande l'arrêt de toute poursuite contre les faucheurs volontaires qui ont neutralisé ce matin des pieds de vigne transgénique à l'INRA de Colmar.
La poursuite de cette opération destinée à faire accepter, par les viticulteurs et les citoyens français qui n'en veulent pas, les recherches sur la mise au point de plantes transgéniques cultivées dans les champs, n'avait aucun sens. Sans fleurs ni raisins qui n'auraient pu être laissés qu'en milieu confiné, cet essai ne pouvait en effet donner aucun résultat scientifique valable sur les risques de transmission de l'OGM au raisin et au vin, ni sur son efficacité dans la lutte contre le court noué après la floraison de la vigne.
La Confédération paysanne conteste le choix de l'INRA de consacrer une telle part de son budget en amélioration des plantes aux seules manipulations génétiques brevetées et de n'attribuer que quelques miettes aux programmes de recherche alternatifs respectant l'intégrité du vivant et sa libre disposition pour tous.
Pour ce faire, la recherche publique doit s'attacher à rester indépendante des pressions de l'argent au détriment de l'éthique, tout particulièrement actuellement. La recherche agronomique doit être centrée sur les besoins réels de l'agriculture paysanne : l'INRA doit redonner à l'agronomie la place qu'elle n'aurait jamais dû abandonner, hier à la chimie, aujourd'hui à la manipulation génétique.
C'est pourquoi la Confédération paysanne travaille avec l'INRA dans d'autres cadres, notamment un comité de liaison constructif qui se réunit plusieurs fois par an. Elle y fait valoir les besoins fondamentaux pour l'agriculture et l'alimentation, les paysans et la société, centrés sur une meilleure connaissance des processus biologiques et des savoir-faire paysans pour donner du sens à une recherche publique et citoyenne.
Contacts :
Véronique Villain, secrétaire générale de la Confédération paysanne et membre du comité de liaison Inra - Confédération paysanne : 06 12 94 51 18
Michel David, secrétaire national : 06 30 87 21 13
Guy Kastler, représentant au HCB : 06 03 94 57 21
Régis Hochart, membre du comité de liaison Inra -Confédération paysanne : 06 08 75 00 73
L'action est de toute évidence calculée et n'a pas été menée sur un coup de tête. Les "faucheurs" savent qu'ils passeront en justice et c'est peut-être dans leurs plans.
Toujours est-il que les positions se radicalisent dans les deux camps.
Ce n’est pas un hasard si cette action s’est déroulée après le vote de la loi « Grenelle 2 » qui a sonné le glas des espérances portées par la démarche participative du
Grenelle de l’Environnement. Les dernières décisions gouvernementales, y compris celle de fin juillet mettant fin au moratoire sur les cultures OGM, indiquent que l’orientation
affichée en faveur d’une agriculture durable, respectueuse de l’environnement n’était qu’un discours de façade… Le modèle agro-industriel a été conforté par le président Sarkozy, lui-même,
au salon de l’agriculture en mars, avec sa formule : « L’écologie, cela commence à bien faire ! »*.
SUD-Recherche EPST a toujours soutenu que les OGM ne constituaient pas une solution d’avenir pour l’agriculture en France, comme ailleurs. Outre les risques sanitaires et
environnementaux non maîtrisés, le modèle agricole dans lequel ils s’inscrivent est celui d’une agriculture toujours plus intensive, de type industrielle, qui est destructrice pour
l’environnement mais aussi pour la profession d’agriculteur. Pour autant, et nous l’avons aussi exprimé clairement, la recherche fondamentale sur les OGM, en milieu confiné est utile, ne
serait-ce que pour avoir des éléments de compréhension pour tenter de réparer les dégâts déjà occasionnés dans certains pays par la culture OGM à grande échelle.
Nous avons constamment interpellé le ministère de la recherche et la direction de l’INRA pour qu’ils affichent comme priorité le développement d’un autre modèle agricole,
basé sur le respect de l’environnement, des consommateurs, qui refusent les OGM dans leur assiette, et de ceux qui produisent ces ressources. Alors que d’autres voies de recherche sur les
pratiques culturales restent sous-exploitées, l’utilité des essais sur les vignes transgéniques est aujourd’hui contestée par des viticulteurs qui ont aussi compris que l’image du vin en
souffrirait.
La communication développée aujourd’hui par la Direction de l’INRA sur le sujet nous interpelle : elle affirme simultanément que cet essai sur la vigne vise à
maintenir « l’existence d’une expertise impartiale au-delà de celle des entreprises internationales », mais aussi que sa destruction fait prendre le risque de « voir la
France incapable de développer des produits alternatifs à ceux des grandes firmes ». Alors, nécessité (bien compréhensible) de connaissances nouvelles ou objectif (déjà annoncé) de
valorisation commerciale ? C’est justement le débat de fond ! L’an dernier, lors d’une première action isolée similaire à Colmar, notre syndicat avait déjà mis la
Direction de l’INRA en garde sur sa présentation partiale et partielle du contexte, en omettant systématiquement toute référence à la mise à l’index simultanée de l’essai par le
tribunal administratif. Pour l’inauguration officielle de la reprise de cet essai qui devait intervenir à la mi-septembre, la présence de deux ministres était annoncée, soulignant ainsi son
objectif éminemment politique. Est-ce que ces mêmes ministres se seraient déplacés si l’expérimentation avait porté sur la mise en œuvre d’une nouvelle pratique culturale permettant de
lutter contre le virus ?
Plus largement, nous sommes inquiets de la brevétisation du vivant, centrale dans la stratégie OGM, au même titre que la logique d’innovation marchande à court terme
imposée par le gouvernement. C’est lui le « démolisseur » du service public de recherche, et non ceux visés dans le communiqué de la direction de l’INRA. Sa politique met
aujourd’hui les personnels de la recherche en situation de conflit d’intérêt**.
Nous comprenons le découragement ressenti par les collègues de l’INRA de Colmar qui ont vu leur travail interrompu. Nous les invitons à participer à la mobilisation nécessaire pour
obtenir une recherche agronomique qui puisse réellement répondre aux défis de cette nouvelle révolution agricole attendue... mais pas encore entendue par nos directions.
*« Le Grenelle de l’environnement : une bonne idée lobbytomisée ! »
** « Les
personnels de la recherche mis en situation de conflit d’intérêt par leur ministre »
COLMAR — Le gouvernement est prêt à financer une nouvelle culture expérimentale de vigne transgénique à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Colmar, après le saccage de la précédente parcelle d'essai le 15 août par des militants anti-OGM, a annoncé mardi le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire.
"Nous mettrons à la disposition de l'Inra les moyens financiers nécessaires pour qu'il puisse relancer ses recherches", a déclaré le ministre, venu à Colmar constater les dégâts en compagnie de son homologue chargée de la Recherche, Valérie Pécresse.
Pour l'heure, un redémarrage de cet essai visant à lutter contre la maladie du court-noué (touchant les pieds de vigne), qui représentait sept ans de recherche, reste toutefois hypothétique, car les équipes concernées sont découragées, a laissé entendre le directeur de l'Inra de Colmar, Jean Masson.
"Je suis retourné. La recherche, ce sont des gens qui travaillent, qui s'investissent, et quand vous leur tapez dessus tout le temps, à la fin du compte, ça fait mal", a confié M. Masson. "Il ne s'agit pas de laisser la place à ceux qui nous empêchent d'avancer, mais on ne peut pas repartir comme ça, demain matin, la fleur au fusil, il faut réfléchir, il faut attendre que ça se décante", a-t-il ajouté.
"Je comprends ce désarroi, mais on est là pour lutter contre le découragement, pour dire +ça vaut le coup+", lui a répondu le ministre de l'Agriculture.
De son côté, Mme Pécresse a souligné que "on a besoin de la recherche en France, y compris sur la question des organismes génétiquement modifiés".
"Nous vivons dans un monde global. Si la France n'a pas des chercheurs capables de mesurer le potentiel et le danger des OGM, (...) nous serons affaiblis. Nous importerons, nous consommerons des produits qui nous seront imposés par d'autres et dont nous ne connaîtrons pas les effets ni sur l'environnement ni sur la santé", a-t-elle plaidé.
"Nous devons avoir des chercheurs qui cherchent dans la sérénité. C'est une question d'indépendance nationale", a-t-elle ajouté.
Les deux ministres ont une nouvelle fois vivement condamné le saccage des 70 plants de vigne OGM, d'autant plus inacceptable selon eux que les OGM en question n'étaient pas destinés à être commercialisés mais seulement à la recherche fondamentale. En outre, ont-ils fait valoir, les ceps OGM ne présentaient aucun danger pour l'environnement ou la santé.
Les quelque 60 faucheurs d'OGM qui ont détruit la parcelle ont notamment mis en doute la gravité de la maladie du court-noué, une affection virale de la vigne transmise par des vers. L'un d'eux, le viticulteur bio alsacien Jean-Pierre Frick, a en outre argué dans Libération de lundi que "cet essai en plein champ est surtout destiné à faire accepter les OGM en France".
Des arguments balayés mardi par le ministre de l'Agriculture. "Je suis un grand amateur et un grand consommateur de vin d'Alsace, je le dis pour M. Frick: j'apprécie plus son vin que son comportement en la matière".
Dans un communiqué publié lundi, le HCB, Haut Conseil des Biotechnologies, a déploré « l’interruption de l’expérimentation de l’INRA sur des porte-greffes de vigne génétiquement
modifiés à Colmar ».
En tant que membre du HCB, Greenpeace est choquée de la publication et de la teneur de ce communiqué de presse, sur lequel l’association n’a pas été consultée, pas plus que les autres
membres du HCB.
Greenpeace conteste l’expression publique du HCB sur des sujets (l’expression des citoyens et la désobéissance civile) qui ne sont pas de son ressort et s’interroge sur le fonctionnement du
Haut Conseil, et sur la place qui est réservée à la société civile, aux ONG environnementales en son sein.
Arnaud Apoteker est chargé de campagne OGM pour Greenpeace France, et représente l’association au sein du HCB. Il s’interroge : « Ce communiqué inutile nous a donné
l’impression d’un consensus sur un sujet qui n’a pas été discuté au sein du HCB et sur lequel existent de nombreuses divergences. On se demande si les ONG ne sont pas utilisées comme un
simple alibi par la présidente du Haut Conseil ? »
Diversion du ministre sur les essais et les fauchages, un mois après avoir autorisé en secret des maïs OGM
Cette déclaration étonnante et complètement inappropriée de la présidente d’un organisme de concertation censé être totalement indépendant a eu lieu la veille de la visite du ministre de
l’Agriculture Bruno Le Maire et de sa collègue Valérie Pécresse sur la parcelle d’essai de vigne OGM à Colmar, neutralisée il y a moins de dix jours par les faucheurs volontaires.
Greenpeace s’oppose à toutes les disséminations d’OGM dans l’environnement, incluant les essais en plein champ, et considère que cet essai de vigne n’aurait pas dû être réalisé en
extérieur.
« En venant défendre des essais contestables, Bruno Le Maire oublie et tente de faire oublier qu’il a fait inscrire dans le plus grand secret plusieurs maïs OGM au catalogue
français des semences il y a un mois. On se demande si le gouvernement n’est pas en train de préparer le retour des OGM dans les champs français ? » conclut Arnaud Apoteker.
Plusieurs maïs OGM sont en effet en attente de ré autorisation au niveau européen, notamment le MON 810, qui est aujourd’hui interdit à la culture en plein champ en France. En cas de ré
autorisation, la clause de sauvegarde mise en place en 2008 par le gouvernement prendrait fin. Le gouvernement devra alors se prononcer pour ou contre une nouvelle interdiction…
Source: Greenpeace

Six des 62 faucheurs qui ont participé à l'arrachage des plants de vigne OGM étaient présents hier devant l'entrée de l'INRA, pour la visite de Valérie Pécresse et Bruno Le Maire. Pas
pour «perturber» mais pour montrer leur détermination.
« Faucheur volontaire OGM » : l'inscription jaune marquée sur les tee-shirts blancs les identifient très clairement. Les six faucheurs présents hier, ont tous participé à
l'arrachage des plants de l'essai OGM à l'INRA, dimanche 15 août.
« Notre action a été conduite de manière publique. Après avoir commis les faits, on a attendu la police et prévenu la presse » commente Etienne Raphaël, l'un des faucheurs. Ils
étaient 62 à être interpellés ce dimanche matin-là.
«Le débat n'est pa posé publiquement»
Pourquoi ont-ils agi ? « C'était un acte de nécessité pour faire entendre la voix de la population française, qui est majoritairement contre les OGM. Arracher c'est très violent, mais on n'a que ce moyen pour nous faire entendre car le débat n'est pas posé publiquement » indique Dominique Delort, membre du mouvement des Faucheurs volontaires depuis sa création en 2004. Déjà condamnée deux fois, à un total de six mois de prison avec sursis, elle se présente comme une « récidiviste » du fauchage. « Désormais je risque la prison ferme, mais cela ne m'arrêtera pas » affirme celle qui repasse devant un tribunal en octobre pour des faits commis en 2006.
Des contacts avec Pierre Azelvandre
Cet arrachage du 15 août, ils le préparaient depuis début juin. « Mais on suit cet essai quasiment depuis le début. » Pour eux, toutes les précautions de sécurité n'ont pas été
prises. Et le comité de vigilance ? « Il ne comprend aucun scientifique »
Ils avaient eu quelques contacts avec le local Pierre Azelvandre, qui avait sectionné ces mêmes plants OGM un an plus tôt. « Il ne fait pas partie du mouvement, c'est un électron
libre. Mais il nous avait sollicités, avant de passer à l'acte lui-même » raconte Dominique Delort.
Ils sont venus hier à l'INRA pour « réaffirmer notre opposition aux OGM. Et pour dénoncer cette opération de communication politique qui vise à faire passer les OGM en force ».
Leur sort est désormais entre les mains de la justice (lire l'article de Ph. Marchegay en pages Région).
25 août 2010 - Lettre ouverte des faucheurs
Nous, Faucheurs et Faucheuses Volontaires, avons procédé à l’arrachage de 70 pieds de vignes transgéniques sur une parcelle de l’Inra de Colmar, le 15 août 2010.
Nous avons constaté la répercussion importante de notre acte dans la presse, à travers les déclarations de cadres de l’Inra, de certains membres du gouvernement et d’autres institutions. Nous souhaitons par cette tribune apporter une explication claire, précise et approfondie de notre geste, par ailleurs pleinement réfléchi et assumé........
Lettre ouverte suite ICI
"Ces essais sont prétendus être réalisés strictement à des fins de recherche et non à des fins commerciales (ce qui reste à être démontré), mais est-ce que ça donne pour autant le droit de faire tout et n¹importe quoi ?
Certes, il ne s’agit pas de plante pesticides (ni productrice d’un insecticide, ni tolérante à un herbicide). Est-ce pour autant que cette vigne ne représente aucun danger environnemental au point de se permettre de faire ces essais en plein air ?
On nous dit que la transmission par le pollen est peu probable puisque c’est le porte greffe qui est génétiquement modifié et non le greffon. C’est faire fi des travaux scientifiques publiés dans Science en 2009 (voir pièce jointe) qui montrent le passage de gènes de porte-greffe à greffons. D’où sans doute la précaution supplémentaire d’avoir supprimé (mécaniquement) les fleurs sur ces plants. Du coup, on a aucun moyen de suivre une éventuelle transmission via le pollen.
Mais surtout, ce qui n’est quasiment jamais évoqué, c’est que cette vigne (comme toutes les plantes transgéniques résistantes à des virus), est un véritable réservoir à virus recombinants. Il s’agit de plantes transgéniques dans lesquelles le transgène est un un gène viral. La présence de ce transgène protège la plante contre le virus en question ainsi que contre les virus apparentés (sans qu¹on en connaisse vraiment les mécanismes intimes).
Or, les virus ont une très grande capacité à échanger spontanément leur ADN (phénomène de recombinaison) : les séquences d¹ADN viral sont très recombinogènes. Par conséquent,
quand cette plante est victime d’une infection virale, il peut se produire très facilement des échanges entre l’ADN du virus infectant et l¹ADN du transgène, ce qui conduit à l’apparition
de virus dits recombinants dont on ne maîtrise rien et qui vont pouvoir se propager dans la nature. Il est là le vrai danger avec ces
plantes ! Avec des plantes conventionnelles, une telle situation ne peut se produire que si la plante est infectée simultanément par deux virus. Avec ces plantes
transgéniques, au contraire, un seul virus suffit et on augmente donc considérablement la probabilité de ces évènements. Tout ceci est expliqué en détail dans mon livre
aux pages 140 à 142.
De tels essais à ciel ouvert font donc courir des risques considérables. C’est d’ailleurs très "drôle" de constater la contradiction de l’INRA sur cette question des risques : dans un article du Monde d’hier (16/08), l’INRA dit à propos des faucheurs "/ils contribuent à répandre la peur en évoquant des risques environnementaux qui n’existent pas sur cet essai, alors que l’INRA essaie de déterminer, en toute indépendance, la pertinence et les risques éventuels de ce type de technologie dans la lutte contre le court noué/". L’INRA fait des essais pour déterminer les risques mais affirme que les risques n’existent pas !??! On se fout de qui ?
Encore une fois, la planète n’est pas une paillasse de laboratoire. Pourquoi ne pas faire ces essais au moins sous serre ? Un essai en plein air doit être une simulation et ne doit pas faire courir de risques : quand on fait une simulation d’une attaque chimique dans le métro pour entraîner la coordination des secours, on met tous les ingrédients mais on ne met pas l’agent chimique quand même...
Par ailleurs, on nous dit qu’il n’existe pas de solution actuellement contre le court noué (si ce n’est que tuer les nématodes, ces vers microscopiques du sol qui transportent le virus et le transmettent au pied de vigne, avec des produits nématicides fortement toxiques). Certes, il n’y a pas de solution directement sortie des laboratoires, mais il existe en revanche des pratiques culturales qui permettent de s’affranchir du court noué telles que les plantes nématicides (ou nématifuges).
Certains viticulteurs ne sont pas ou peu embêtés par le court noué. Pourquoi ? Posons-nous la question. Voilà de véritables pistes à exploiter qui conduiront inévitablement à des stratégies subtiles, durables et moins invasives que l¹artillerie lourde des OGM. Cet exemple soulève une fois de plus la nécessité de développer la recherche participative à laquelle les viticulteurs contribueraient activement et où leur implication ne se réduirait pas à siéger dans un comité de suivi de la mise au point d’une technologie qui leur sera servie clés en mains pour qu’ils s’empressent d’oublier leurs bonnes vieilles pratiques paysannes respectueuses de l’environnement.
Il est clair que ces essais ne sont qu’un cheval de Troie pour l’ensemble des essais en plein air et pour l’acceptation des OGM et des biotechnologies en général.
C’est pour toutes ces raisons que je soutiens à 200% cette action de fauchage."
Arrachage de Colmar, ça cause toujours, débat Jean Masson, Jacques Muller, Yvette Beck-Hartweg
Était-il légitime de détruire les plants transgéniques de l’Inra, à Colmar ? Pourquoi étaient-ils si nécessaires à la connaissance scientifique ? La recherche publique appliquée à la vigne va-t-elle dans le bon sens ? « L’Alsace » ouvre le débat.
Le 15 août, une soixantaine de personnes appartenant au réseau des faucheurs volontaires saccageait 70 pieds de vigne transgéniques dans l’enceinte de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), à Colmar, réduisant à néant le projet de recherche mené sur les mécanismes immunitaires de la vigne (lire également l’historique des essais OGM à l’Inra). L’Alsace ouvre le débat avec Jean Masson, président de l’Inra-Colmar, Yvette Beck-Hartweg, viticultrice à Dambach-la-Ville dont le domaine est en conversion biologique et Jacques Muller, sénateur Vert du Haut-Rhin.
Les essais de plants transgéniques vont-ils reprendre à Colmar ?
Jean Masson : Nous sommes encore sous le choc. Aujourd’hui, nous nous interrogeons, y compris sur le plan scientifique. Nous aurons une discussion avec la direction générale de l’Inra fin octobre.
La poursuite des essais n’est finalement pas décidée…
Jean Masson : Absolument pas.
Quelle est votre position personnelle ?
Jean Masson : Je vais m’en aller, je cherche un autre emploi. Je reconnais en partie le bien-fondé de la démarche des lanceurs d’alerte qui sont là pour arrêter des démarches un peu ultra-dominantes. Mais les lanceurs d’alerte, tout comme les chercheurs, doivent renouveler leurs connaissances scientifiques, sinon ce sont des gens qui empêchent tous les autres d’avancer.
Jacques Muller : Je maintiens ce que j’ai dit : ce qui s’est passé est un gâchis humain. (S’adressant à Jean Masson), vous avez pris des risques en discutant avec des gens qui ne sont pas d’accord avec votre point de vue. Je rends hommage à votre ouverture d’esprit. Personnellement, je n’aurais pas fauché pour cette action.
Pourquoi ?
Jacques Muller : J’aurais fauché des champs de maïs transgéniques. À Colmar, le contexte est particulier. J’estime qu’au niveau des mesures de confinement, l’Inra avait pris ses précautions. En revanche, je reproche à l’Inra d’avoir communiqué sur le terme « violence » : c’est un abus de langage et une manière de criminaliser des gens qui jouent un rôle de lanceurs d’alerte.
« Je comprends les faucheurs »
Yvette Beck-Hartweg : Je comprends les faucheurs. Nos instituts nationaux de recherche cherchent en priorité dans la voie des OGM et en cohésion avec toutes les firmes qui nous inondent de leurs pesticides, herbicides et autres semences. Il faut que des personnes clairvoyantes s’élèvent contre ça et alertent la société. Le problème, c’est l’enjeu international concernant l’agriculture et les OGM. Il faut que tout être humain puisse vivre de son métier, sans être pieds et poings liés aux multinationales. L’obscurantisme, c’est rester la tête dans le guidon ; c’est choisir quels produits, quelles techniques on peut appliquer au lieu d’analyser les choses d’une manière plus globale.
Ces essais menés à Colmar ne sont-ils pas sous tendus par une volonté de commercialisation ?
Jean Masson : Dès 2001, on a dit que jamais on ne commercialisera. En plus, ces porte-greffes-là sont interdits à la commercialisation. Mais ce n’est pas pour autant que cela va convaincre les gens.
Yvette Beck -Hartweg: On aurait pu attendre de notre institut public qu’il fasse des recherches par d’autres voies. Pourquoi avoir donné la priorité à la recherche par le biais des OGM alors que des solutions sans OGM ont été trouvées contre le court-noué ? Ne serait-ce pas une meilleure image pour l’Inra d’être des pionniers dans la recherche de solutions biologiques ?
On parle comme s’il y avait obligation de courir après ces OGM-là qui seraient devenus un passage obligé pour la crédibilité du chercheur…
Jean Masson : Obligation sociale et scientifique de travailler sur les OGM, j’en doute. Obligation sociale, scientifique et financière d’avoir une approche de recherche qui nous permet d’avoir des publications scientifiques, oui.
Yvette Beck-Hartweg : Il y a quand même des sociétés privées qui financent vos recherches…
Jean Masson : Oui, bien sûr… D’une manière générale, il y a un vrai glissement versune logique de temps court — des projets de deux à cinq ans — et sur des choses qui sont, on va dire, politiquement choisies. L es chercheurs ont beaucoup moins de marges de manœuvre.
Qui définit vos thèmes de recherches ?
Jean Masson : On établit des contrats d’objectifs sur quatre ans signés avec le ministère ; ces contrats sont élaborés avec les chercheurs, en interaction avec les filières agricoles, viticoles et alimentaires. En ce qui concerne l’essai de porte-greffes OGM, un comité de suivi a été mis en place, réunissant une quinzaine de personnes non-scientifiques ; il s’est rapidement transformé en un comité prospectif, et, à son initiative, il a construit d’autres projets de recherches, dont certains sur les jachères.
Yvette Bec k -Hartweg : Si les membres du comité ont validé les recherches sur le court-noué et pas sur les maladies du bois, on peut franchement se poser des questions sur leur pertinence ! Car aujourd’hui, à la limite le court-noué, on s’en fiche, ce sont les maladies du bois qui nous inquiètent.
Jean Masson : Je suis d’accord, les vignerons parlent de maladies du bois depuis longtemps ; on l’a entendu. L’Inra en a discuté. Il y a eu une étude technique qui a été faite par l’Enitab de Bordeaux (École nationale des ingénieurs des travaux agricoles), en lien avec l’Inra de Bordeaux, sur cette thématique-là. À Colmar, nous n’avions auc un moyen pour mettre des gens sur cette thématique-là.
Yvette Beck -Hartweg : Parce que vous étiez pris par d’autres choses !
« On ne parle jamais du reste »
Jean Masson : Non ! Nous sommes 110 personnes à Colmar ; il y en a sept sur les porte-greffes. On ne parle jamais du reste. Sur ces maladies du bois, on a essayé de savoir qui étaient les acteurs de cette maladie. On ne les connaît toujours pas. C’est un sujet complexe.
Yvette Beck-Hartweg : C’est grave de dire ça…
Jean Masson : La situation a tout de même changé. L’Université de Haute-Alsace a monté un projet sur les maladies du bois ; dans mon propre labo, il y a des gens qui travaillent sur cette thématique-là. C’est faux de dire que l’on ne va faire que des OGM pour trouver des solutions.
Prenons l’exemple du nemadex, qui est un porte-greffe naturel répulsif vis-à-vis des nématodes ; il est issu de croisements réalisés par Alain Bouquet, à l’Inra de Montpellier il y a 20 ou 25 ans.
Comme disait Yvette Beck, si une solution naturelle contre le court-noué a été trouvée, pourquoi continuer dans la voie des OGM ?
Jean Masson : On travaille sur ce porte-greffe OGM dans le seul et unique but de mettre en évidence l’immunité de la vigne. On espérait découvrir le fonctionnement de l’immunité de la vigne pour ensuite dessiner des solutions de méthodes d’activation de cette immunité, avec des molécules, avec des pratiques viticoles, avec tout ce que vous voulez. C’était ça !
La force des lobbies
Jacques Muller : En biodynamie, on utilise parfois des méthodes qui ressemblent à de la poudre de perlimpinpin ; parfois, ça marche, parfois ça marche moins bien et on ne sait pas pourquoi. Pour moi, cela doit être l’effort prioritaire d’un point de vue scientifique pour, d’abord, valider ou pas et pour, ensuite, généraliser. Les OGM entrent dans une logique qui consiste à les intégrer doucement dans l’agriculture. Je combats les OGM ; mais je ne sais pas si c’est dangereux pour l’homme et l’environnement.
Yvette Beck -Hartweg : Il existe des gens qui observent et font des recherches sur les plantes et sur la micro-biologie du sol. Il est grave que personne ne se préoccupe de ces travaux, alors que c’est ça le sujet important. C’est bien sûr une autre approche. Mais ce serait parfait si l ’Inra s’y mettait également.
Jacques Muller : Pourquoi les agriculteurs pratiquant la sélection à la ferme, c’est-à-dire l’emploi de semences paysannes, consomment-ils moins d’intrants ? Que pourrait-on améliorer dans ce domaine-là ? Honnêtement, il n’y a pas de travaux de l’Inra sur ces sujets-là. Je veux témoigner ici de la force des lobbies qui évidemment, pèsent aussi sur les choix de la recherche publique.
Ne peut-on pas imaginer que la station colmarienne de l’Inra devienne la référence en matière de recherche en agriculture biologique ?
Jean Masson : Le chemin est long. Il y a des gens qui sont 100 % pour, d’autres qui sont 100 % contre. Vous avez des conflits politiques, des enjeux économiques… J’essaie pour ma part de trouver un petit chemin. Ce qui m’importe, c’est d’arriver à changer les choses en valorisant les savoirs des gens pour arriver à la co-construction de programmes de recherche. C’est ce que l’on fait avec le comité de suivi…
Un problème politique
Vous n’avez pas répondu à notre question…
Jean Masson : Il me reste encore deux mois et demi avant la fin de mon mandat. Je vais essayer de monter un programme européen avec des chercheurs suisses, bien meilleurs que nous sur la problématique de l’agriculture bio, dans la lignée du projet sur les jachères. Mais vous croyez que je n’ai en face de moi que des gens qui disent amen à cela ?
On a séquencé le génome de la vigne ; on a des gens qui font de la création variétale, des variétés résistantes aux maladies. 90 % des efforts fournis par l’Inra de Colmar vont dans ce sens-là.
Yvette Beck-Hartweg : Il faudrait arrêter la voie des OGM.
Jean Masson : Vous voulez arrêter quelque chose qui est à l’arrêt ?
Jacques Muller : Le problème est politique. L’arrachage des vignes OGM n’est pas tourné vers Jean Masson ; il est tourné vers une politique globale dans laquelle les recherches participatives et sociétales sont balayées…
Yvette Beck, êtes-vous confrontée au court-noué, à l’Esca, au Black Dead Arm ?
Oui, on a toute la panoplie. On a du court-noué dans nos vignes, mais cela ne nous préoccupe pas vraiment. Les baies sont plus petites et plus sucrées ; comme on fait des plus petits rendements, ce n’est pas un problème. J’ai toujours préféré la sélection massale, des plants sélectionnés sur le critère du goût. Là aussi, avec ces histoires de clones, les gens ont été entraînés dans une certaine direction. Le rouleau compresseur est en route. On a fait croire qu’il fallait absolument utiliser des engrais et des pesticides. C’est exactement ce qui se passe dans le monde entier. On dit aux gens : prenez des OGM, vous n’aurez plus besoin de pesticides…
L’Inra n’est-il pas contraint économiquement de produire des nouveautés clonales au détriment de solutions concrètes pour les viticulteurs ?
Jean Masson : Quand l’Inra a été conçu, c’était son rôle de développer des innovations et de favoriser la création d’entreprises et d’instituts techniques. Sûrement que la filière française de production de plants se trouve en bonne santé économique… Tant mieux ! D’abord parce qu’ils vendent des plants qui sont indemnes de maladies, dont celles du bois. Après, on a fait de la sélection clonale mais c’était d’abord une sélection sanitaire…
Yvette Beck-Hartweg : Il y a quelques Indiens qui ont résisté à cela !
Pourquoi les OGM sont-ils tellement importants ?
Jean Masson : Les OGM, c’est la poignée de porte pour ouvrir quelque chose que j’ai envie d’offrir, c’est tout.
Yvette Beck-Hartweg : Oui, mais il y a d’autres poignées pour ouvrir les choses.
Jean Masson : Je suis d’accord avec vous. Il y a d’autres poignées de porte et il y aura peut-être un autre président de l’Inra Colmar le 1 er janvier, et puis voilà.
Jacques Muller : Autant je pense qu’il faut travailler sur la connaissance du génome, autant je pense qu’il n’est pas prudent de travailler sur les OGM qui, de toute façon, débouchent sur une vocation commerciale.
L’image du vin d’Alsace
Yvette Beck-Hartweg : Parlons aussi du problème de l’image du vin d’Alsace. Des consommateurs peuvent avoir des doutes au regard de la présence de ces essais en Alsace, alors que la Champagne n’en a plus voulu pour des raisons d’image. On a refilé ça aux Alsaciens en se disant qu’ils ne vont rien dire. Un jour, peut-être, on va nous obliger à planter des plants de vignes OGM. Comme aujourd’hui, on veut nous obliger à planter des clones… L’étape suivante, ça risque fort d’être ça. Un jour, on n’aura plus le droit de planter autre chose ; parce que ceux qui détiennent le monopole voudront gagner de l’argent là-dessus.
Propos recueillis par Annick Woehl et Jean Daniel Kientz
SURFER L’intégralité du débat sur le site web de « L’Alsace ».
LE COLLECTIF FAUCHEURS VOLONTAIRES
Raconté en interviews, textes, photos, illustrations et bandes-dessinées par 45 Auteurs et une centaine de Faucheurs. Droits d'auteur au profit de Sans Gènes.
COMMENT VOUS LE PROCUREZ ?
Photo, Festival Interceltique de Lorient 2010